BELL XXXXXXIII






Depuis quelques temps mes rêves reviennent, surtout ce rêve. Mais il a changé ce rêve, sans doute a-t-il muri. Il est là, dans cette grande pièce agréable. Il joue non plus du piano mais de la guitare. Ses doigts grattent les cordes avec harmonie. Ses yeux fixent le vide, il ne me voit pas, je suis présente et pourtant invisible. C'est si agréable d'entrevoir quelque chose d'interdit. Je m'appuie un peu plus sur la chambranle de la porte, mon corps n'est plus aussi juste qu'au tout premier rêve. La mélodie est tout aussi enivrante. Je ferme les yeux quelques instants pour la laisser pénétrer dans mon esprit. Il a du sentir ma présence ou bien mon regard sur lui, c'est pour cela qu'il regarde subitement en écarquillant les yeux. Oui, ça fait un moment que je suis là et je suis revenue. Et ce petit sourire en coin se pointe au bout de ses lèvres, il lâche sa guitare et me tend les bras. La suite, je crois que jamais je ne la connaitrai.




# Posté le jeudi 26 février 2009 14:31

BELL XXXXXXIV

BELL XXXXXXIV




Un gout amer dans la bouche, comme pour signifier la fin des vacances. Refaire, refaire, refaire encore et toujours, toutes ses choses propres aux vacances, dieux que c'est bon. Retourner encore et encore toutes ses émotions qui me tordent le ventre. Et c'est la tête bercée d'illusion futile de liberté que je reprends le chemin des bancs du lycée. Souvenez vous du temps ou nous piétinions pour retourner vers ces bancs avec nos nouveaux cartables. Ce n'est guère très loin pourtant cela est bel et bien révolue. Fini l'excitation de la rentrée. C'est le c½ur serré et la gorge nouée que nous reprenons tous les chemins des cours.

# Posté le dimanche 08 mars 2009 14:08

BELL XXXXXXV

BELL XXXXXXV



J'ai besoin d'air pur et nouveau. Tout ça ne date plus d'aujourd'hui. Mais je cours inlassablement après les aiguilles du temps, je n'en peux plus, je ne vis plus, j'attrape chaque train de justesse. J'ai besoin d'espace, qu'on me laisse respirer. Mon corps est encore une fois au bout du rouleau, que me reste il à consommer maintenant? Je ne peux plus tirer sur mon corps, il ne le supporterai pas. Alors je tire dans tous les sens, j'aimerai seulement arrivée à faire sortir cette sensation, cette boule au coeur, ce manque. Petite j'étais fugace et vagabonde. J'étais un peu celle que l'on voyait de temps en temps mais guère tous les jours, souriante et joyeuse. Son absence me pèse en ce moment de crise, j'aimerai l'avoir à mes côté. Mais non, tout ça fait que non. Je ne peux pas, et puis ma faiblesse a toujours été la parole, je ne sais pas parler. J'ai un manque de communication avec le monde extérieur malgré tout. J'ai perdu le contrôle de la machine, j'ai perdu le contrôle de moi même. Ce besoin de solitude, être seule quelques instants c'est tout ce que je demande, me ressourcer puisque j'en ai besoin, rien qu'eux, et moi. Partir au loin, les rênes dans une main, à la cow boy puisqu'après tout mon corps ne permet plus cette équitation classique que j'affectionne tant.






# Posté le mercredi 11 mars 2009 10:59